Retour sur une des perles disparues de l'Endurance : les 12 Heures de Reims (+ vidéo)

Rédigé le 07/01/2022
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Les 12 Heures de Reims ont été une grande épreuve du monde de l’Endurance dans les années 60. Elles étaient traditionnellement disputées deux semaines après les 24 Heures du Mans et avaient lieu de midi à minuit. Cette course a été organisée à neuf reprises de 1953 à 1967 sur le circuit de Reims-Gueux, dans le département de la Marne, en Champagne. Le tracé comprenait de longues lignes droites entrecoupées par les virages de Gueux, du Thillois et de Muizon. Il était surtout réputé comme étant extrêmement rapide. Les grandes heures de gloire de l’épreuve ont eu lieu entre 1964 et 67, en particulier en 1964 et 1965 lorsque l’événement a été intégré au championnat du monde des voitures de sport.

Le Circuit de Reims-Gueux est surtout réputé pour les Grand Prix de l'ACF ou de la Marne. On y a aussi vu des courses de F3 et de F2, mais aussi des courses d’endurance et ce presque dès le départ, c'est-à-dire en 1926, soit deux ans après son ouverture, avec déjà une course de 12 heures. Quelques épreuves de deux ou trois heures furent ensuite organisées avant la 2e guerre mondiale.

Alors que Stirling Moss (Jaguar C) remporte une course à Reims de 50 tours en 1952, la naissance des 12 Heures de Reims est effective l’année suivante. Deux années de suite, Jaguar va y inscrire son nom grâce aux duos Moss / Whitehead et Whitehead / Wharton.

Les 12 Heures de Reims sont ensuite annulées en 1955 suite à la tragédie des 24 Heures du Mans et sont de nouveau organisées l’année suivante. Pour éviter un nouveau drame, il est alors décidé de couper le peloton en deux : les petites cylindrées (moins de 1500 cm3) le samedi, les grosses cylindrées le dimanche avec un nouveau succès Jaguar (Hamilton / Bueb).

En 1957 et 1958, la course est réservée aux GT et les deux éditions sont dominées par Ferrari et ses 250 GT. On assiste alors à deux victoires du duo Olivier Gendebien / Paul Frère. La course devenant de moins en moins populaire, elle est stoppée et ne reprend qu’en 1964 avec l’apparition de la catégorie Sport-Prototypes. Traditionnelle revanche des 24 Heures du Mans, cette course met au prise trois Ford GT 40 face aux Ferrari du NART ou des Maranello Concessionnaires en 1964. Comme au Mans, les Ford laissent le champ libre en cours d'épreuve aux Ferrari LM dont celle des Maranello Concessionnaires qui l’emporte avec Grahim Hill et Joakim Bonnier.  

En 1965, pas de Ford officielle ni de Ferrari usine. La marque italienne est à nouveau représentée par le NART qui l’emporte avec la 365 P confiée à  Pedro Rodriguez et Jean Guichet. Victoire en GT de la Cobra Daytona de Schlesser / Bondurant.

Les 12 Heures de Reims ne sont pas organisées en 1966 (à cause de Grand Prix de l'ACF) et reviennent en 1967. Nouvelle déception du public qui ne voit ni les Ford MkIV ni les Ferrari P4 ou 412 P ou encore les Chaparral vues au Mans. Ford inscrit cependant son nom au palmarès avec la Ford Mk IIB alignée par Ford France pour Jo Schlesser et Guy Ligier qui domine les Lola T 70 pilotées de Surtees / Hobbs, Hulme / Gardner et Hawkins / Epstein) ainsi que la Ferrari de Piper / Siffert.

Ford remporte l'édition 1967 @Marc Lebold
Piper/ Siffert 2e

Comme les 24 Heures du Mans en juin, la course de 1968 est annulée suite aux évènements de mai. De plus, le circuit de Reims est jugé trop peu sélectif, dépassé et trop dangereux. Plus aucune épreuve de 12 Heures n’y sera organisée et depuis 1969 le circuit de Reims n'accueille plus de courses officielles.

Dans la vidéo ci-dessous, vous y verrez une Porsche 904-081 qui a de nouveau roulé sur le circuit de Reims-Gueux, tracé sur lequel elle avait terminé 10e au général, 2e de sa catégorie aux 12 Heures de Reims 1965.

La vidéo est ICI