Laurent Cazenave : "Stabiliser la croissance de CD Sport"

Rédigé le 23/11/2021
lmercier

CD Sport était actif sur plusieurs fronts cette saison avec le FFSA GT, la GT4 European Series et la Michelin Le Mans Cup.

L'année 2021 a permis à CD Sport de sortir des frontières françaises en GT4 en allant disputer la GT4 European Series avec une paire de Mercedes-AMG GT4. Laurent Cazenave, le compagnon de Claude Dégremont. Si l'équipe fait toujours confiance aux gentlemen, elle n'oublie de faire rouler des jeunes. Laurent Cazenave dresse le bilan de la campagne 2021. 

Aller en GT4 European Series était une bonne idée avec du recul ? 

"C'était pour toute l'équipe une belle découverte. Rouler sur la scène européenne nous a permis de sortir de notre zone de confort, de découvrir de nouveaux circuits, de nouvelles équipes et une nouvelle direction sportive. La philosophie était à la fois différente et intéressante. Le seul bémol est que le plateau européen doit être moins remuant."

L'Europe est plus virile que la France ?

"Il y a eu trop de gestes de maladresse par manque d'expérience de pilotes qui n'imaginent pas les conséquences. La course peut être dangereuse et elle coûte cher. Derrière, il y a des hommes et des mécaniciens. En GT3, on voit que les accrochages sont moins nombreux, ce qui n'était pas le cas dans le passé. Les sanctions doivent être lourdes et sévères."

Comment jugeriez-vous le niveau des deux championnats ? 

"En Europe, le niveau Silver était incroyable, mais bien moins élevé en Pro-Am qu'en France. En France, les Silver n'ont quasiment pas gagné, contrairement à l'Europe."

Quel regard portez-vous sur la saison de CD Sport ?

"On ne peut pas qualifier notre saison de mauvaise. Certes, elle n'a pas répondu à nos attentes même si on a montré de belles choses avec deux pole positions au général. Nos résultats ont été trop irréguliers. L'objectif de 2022 sera d'avoir plus de régularité dans la performance en renforçant chacun de nos programmes par un Silver ou Gold en plus des pilotes actuels. C'est la clé pour gagner."

En France, on est loin du niveau de 2017, la première saison du GT4 ? 

"Le niveau de professionnalisme des équipes est bien plus haut qu'en 2017. A cette époque, tout le monde découvrait le GT4. Quatre ans plus tard, la catégorie est devenue une discipline de spécialistes. Les écarts se sont réduits avec une grosse densité de teams et de pilotes performants. De plus en plus de jeunes arrivent de la monoplace."

Les programmes 2022 sont fixés ?

"Repartir en FFSA GT et GT4 European Series. A ce jour, je ne sais pas le nombre et la répartition. On aimerait une auto dans chaque catégorie. Des pilotes CD Sport 2021 seront à nouveau à nos côtés en 2022, au moins la moitié de l'effectif actuel. Notre équipe aime la stabilité."

Le LMP3 sera toujours au menu ? 

"L'objectif est de rouler en Michelin Le Mans Cup et/ou European Le Mans Series la saison prochaine. Il faut stabiliser la croissance de CD Sport. On a grossi ces dernières années. 2022 doit être l'année de la confirmation et de la solidification. Cette année, nous n'avons pas terminé le moindre programme dans les trois premiers des championnats. C'est assez rare et ça nous chagrine." 

CD Sport fait confiance aux jeunes. C'est la carte de visite de l'équipe ?

"CD Sport tient à faire confiance aux jeunes, les former et les aider. Le GT est sur un plan commercial quelque chose de dynamique. Si l'équipe est en place et que ça fonctionne, c'est là où il faut être. C'est aussi pour cela que l'on va hausser le niveau en ayant un ou deux pilotes supplémentaires qui vont nous permettre d'atteindre nos objectifs sportifs. AKKA-ASP et Saintéloc ont trois pilotes rapides dans leurs autos. A l'équipe de trouver les solutions pour cela."

Le niveau de compétitivité est vraiment serré ? 

"Quand il manque 0.5s, ils sont où ? Dans l'auto ? Dans les pilotes ? Avec trois pilotes forts, il n'y a plus de question à se poser. Soit les ingénieurs doivent se bouger, soit les pilotes. Il n'y a plus de doute."